{"id":7312,"date":"2011-12-03T20:09:15","date_gmt":"2011-12-03T19:09:15","guid":{"rendered":"https:\/\/arvier.eu\/maurice-perron\/"},"modified":"2022-08-25T15:47:38","modified_gmt":"2022-08-25T13:47:38","slug":"maurice-perron","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/enfants-du-pays\/maurice-perron\/","title":{"rendered":"Maurice Perron"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong>MAURICE PERRON (1920-1991)<\/strong><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table aligncenter is-style-stripes\"><table><tbody><tr><td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-568\" style=\"border: 1px solid #000000;\" src=\"https:\/\/arvier.eu\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/Maurice_Perron_1976.jpg\" alt=\"Maurice_Perron_1976\" width=\"322\" height=\"434\"><\/td><td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-569\" style=\"border: 1px solid #000000;\" src=\"https:\/\/arvier.eu\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/Maurice_Perron_1980.jpg\" alt=\"Maurice_Perron_1980\" width=\"322\" height=\"437\"><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Maurice Perron na\u00eet \u00e0 Paris, le 20 avril 1920, de Marie Alexandrine Vuillen et de Joseph Perron. Ses parents, tous les deux originaires d\u2019Arvier, ont quitt\u00e9 leur village en 1906 pour \u00e9migrer \u00e0 Paris, o\u00f9 ils se sont mari\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice perd son p\u00e8re \u00e0 la suite d\u2019une maladie alors qu\u2019il n\u2019a que dix ans et, pour subvenir aux besoins de la famille, sa m\u00e8re travaille comme femme de m\u00e9nage. <br>Malgr\u00e9 ces conditions de vie modestes, Maurice est plein de bonne volont\u00e9 : pendant la journ\u00e9e, il travaille comme cordonnier et, le soir, il suit des cours pour devenir g\u00e9om\u00e8tre.<\/p>\n\n\n\n<p>En mai 1937, sa m\u00e8re et lui re\u00e7oivent un h\u00e9ritage de la part d\u2019une tante de Leverogne, ils d\u00e9cident donc de rentrer en Vall\u00e9e d\u2019Aoste. Malheureusement, cet h\u00e9ritage s\u2019av\u00e8re bien maigre et les Perron doivent s\u2019installer dans la maison de Marie Alexandrine, \u00e0 Arvier.<\/p>\n\n\n\n<p>A son arriv\u00e9e en Vall\u00e9e d\u2019Aoste, le jeune homme ne parle pas un mot d\u2019italien cependant, courageux et fier, il apprend la langue en lisant le journal.<\/p>\n\n\n\n<p>Il essaie de gagner sa vie en pratiquant son m\u00e9tier de cordonnier, mais les temps sont durs et son travail ne paie pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le 2 mai 1940, Maurice entre-t-il \u00e0 la Cogne comme ouvrier, puisque ses \u00e9tudes de g\u00e9om\u00e8tre ne sont pas reconnues en Italie. Encore une fois, sa volont\u00e9 tenace et sa force de caract\u00e8re sont telles, qu\u2019apr\u00e8s quelques ann\u00e9es, ses sup\u00e9rieurs hi\u00e9rarchiques le nomment au poste de r\u00e9ceptionnaire (voir photo du 30 novembre 1976). <br>Il y travaille jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part en retraite, le 30 novembre 1977.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 la Cogne que Maurice fait une rencontre qui change sa vie : son coll\u00e8gue Pierre Fosson lui demande de se porter candidat au poste de conseiller r\u00e9gional.<\/p>\n\n\n\n<p>Travailleur honn\u00eate et homme \u00e0 la droiture morale ind\u00e9fectible, Maurice Perron accepte, esp\u00e9rant sans aucun doute pouvoir apporter sa contribution \u00e0 la communaut\u00e9 vald\u00f4taine. <br>Il obtient 15 693 voix avec la liste Democrazia Cristiana-Union Vald\u00f4taine et exerce comme conseiller r\u00e9gional du 21 mai 1949 au 8 d\u00e9cembre 1954, durant toute la 1\u00e8re l\u00e9gislature de l\u2019apr\u00e8s-guerre. <br>Etant le conseiller le plus jeune &#8211; il n\u2019a que 29 ans -, il est nomm\u00e9 secr\u00e9taire du Conseil.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de son mandat de conseiller, il suit d\u2019abord les travaux de construction du pont d\u2019Avise et, d\u00e8s 1950, lui qui ne voyage que par le train et rentre tr\u00e8s souvent avec celui du soir, il fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir un train en fin d\u2019apr\u00e8s-midi, afin que les ouvriers et les lyc\u00e9ens puissent rentrer plus t\u00f4t chez eux. <br>Chaque jour, quand il revient du travail ou de ses r\u00e9unions \u00e0 Aoste, Maurice doit encore s\u2019occuper de sa m\u00e8re, qui est devenue gravement invalide. Fils d\u00e9vou\u00e9, il ne se mariera jamais et veillera sur elle jusqu\u2019\u00e0 sa disparition, en 1960.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1953, le conseiller r\u00e9gional Maurice Perron lance les travaux de construction du r\u00e9seau d\u2019adduction d\u2019eau et des \u00e9gouts d\u2019Arvier, ainsi que la r\u00e9alisation du pavage du bourg.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une optique plus internationale, il fonde de grands espoirs dans la perc\u00e9e du tunnel sous le mont Blanc, car il croit en l\u2019ouverture des fronti\u00e8res avec la France et avec la Suisse. <br>Curieusement, il ne retournera jamais \u00e0 Paris et s\u2019\u00e9teindra \u00e0 Arvier, le 5 janvier 1991 apr\u00e8s avoir men\u00e9 sa vie comme un homme simple mais honn\u00eate et honorable, fid\u00e8le, loyal et droit.<\/p>\n\n\n\n<p>Grand ami du chanoine Br\u00e9an, bien qu\u2019ath\u00e9e, et fervent admirateur de Corrado Gex, il laisse lui aussi une trace dans l\u2019histoire de notre r\u00e9gion, comme en t\u00e9moignent les nombreux articles de presse dans lesquels il d\u00e9fend les travailleurs (**), il se bat pour la moralit\u00e9 du monde politique ou encore il prend position pour la d\u00e9fense du bilinguisme.<\/p>\n\n\n\n<p>A sa mort, le pr\u00e9sident du Conseil, Edoardo Bich, fait une communication lors du Conseil r\u00e9gional du 9 janvier 1991 et dresse un portrait \u00e9logieux de notre concitoyen :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab Permettez-moi quelques mots pour vous dire que, dimanche dernier, \u00e0 Arvier, une foule d&rsquo;amis, d&rsquo;autorit\u00e9s municipales et r\u00e9gionales et d&rsquo;anciens conseillers devait accompagner \u00e0 sa derni\u00e8re demeure un ancien conseiller r\u00e9gional de la premi\u00e8re l\u00e9gislature \u00e9lective, c&rsquo;est-\u00e0-dire 1949-54, monsieur Maurice Perron, \u00e9lu dans la liste de la coalition PCI-Union Vald\u00f4taine, comme repr\u00e9sentant de l&rsquo;Union Vald\u00f4taine. <\/strong><br><strong>Il avait \u00e0 peu pr\u00e8s mon \u00e2ge, un an de plus, et je l&rsquo;avais connu dans les ann\u00e9es chaudes, si on peut dire comme \u00e7a, de la lutte politique, au lendemain de la lib\u00e9ration, en Vall\u00e9e d&rsquo;Aoste. A plusieurs occasions nous avons discut\u00e9 et fait aussi des projets ensemble. Issu, comme formation, de la Gauche fran\u00e7aise, de l&rsquo;\u00e9cole dogmatique des universit\u00e9s ouvri\u00e8res, parfaitement francophone, c&rsquo;\u00e9tait un Vald\u00f4tain avant tout ; un de ceux qui, malgr\u00e9 des id\u00e9es un peu extr\u00e9mistes et anarchiques, avaient contribu\u00e9 \u00e0 la naissance et \u00e0 la croissance de la R\u00e9gion autonome.<\/strong><br><strong>Conseiller r\u00e9gional durant une l\u00e9gislature, pionnier et dirigeant de l&rsquo;Union Vald\u00f4taine, il avait milit\u00e9 dans le syndicat \u00e0 la Cogne o\u00f9 il fut victime de cette silicose qui devait contribuer \u00e0 son d\u00e9part.<\/strong><br><strong>Je souhaiterais conclure ces quelques mots en exprimant tout d&rsquo;abord mon \u00e9motion sinc\u00e8re et en \u00e9voquant un \u00e9pisode \u00e0 mon sens tout \u00e0 fait significatif pour notre Vall\u00e9e d&rsquo;Aoste. Maurice Perron \u00e9tait, sans aucun doute, un homme de Gauche, mais, lorsque l&rsquo;Union Vald\u00f4taine d\u00e9cida que ses adh\u00e9rents ne pouvaient avoir deux cartes, il choisit celle de l&rsquo;unioniste, tandis que son grand ami Claudio Manganone opta pour le Parti Communiste. C&rsquo;est l\u00e0 un \u00e9pisode qui t\u00e9moigne bien, \u00e0 mon sens, le patient et dur labeur, l&rsquo;identit\u00e9 particuli\u00e8re autant du moment politique de l&rsquo;\u00e9poque que de cette communaut\u00e9 vald\u00f4taine qui, en revendiquant sa sp\u00e9cialit\u00e9, prouve qu&rsquo;elle peut s&rsquo;opposer \u00e0 une homog\u00e9n\u00e9isation d\u00e9gradante. \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(**)<br>Dans \u00ab Le chemin du S.A.V.T. (SYNDICAT AUTONOME VALD\u00d4TAIN DES TRAVAILLEURS) 1952-2002 \u2013 Chapitre 2 : le syndicalisme vald\u00f4tain \u00bb publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2003, l\u2019on peut lire une d\u00e9claration de Maurice Perron, datant de mars 1950, c\u2019est-\u00e0-dire peu apr\u00e8s le d\u00e9but des travaux de construction de la digue de Valgrisenche par la soci\u00e9t\u00e9 SIP, quand les villages de Valgrisenche, d\u2019Arvier et d\u2019Avise subirent les graves cons\u00e9quences \u00e9conomiques li\u00e9es aux expropriations effectu\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9, ainsi que les difficult\u00e9s de transport et de communications dues aux travaux. Au sujet des embauches et des conditions de travail, le conseiller r\u00e9gional \u00e9crivit : \u00ab <strong>Nous ne croyons pas superflu non plus de rappeler encore une fois que l&rsquo;article 15 de la loi du 27 avril 1949 sur l&#8217;embauchage et l&rsquo;assistance aux travailleurs involontairement en ch\u00f4mage, sp\u00e9cifie que les travailleurs ayant leur r\u00e9sidence dans les localit\u00e9s o\u00f9 se font les travaux doivent \u00eatre embauch\u00e9s de pr\u00e9f\u00e9rence aux autres. Et que l&rsquo;article 27 de la dite loi \u00e9tablit aussi que les employeurs qui n&#8217;embauchent pas les travailleurs dont ils ont besoin par l&rsquo;interm\u00e9diaire des bureaux de placement, sont passibles d&rsquo;une amende &#8230; pour chaque ouvrier embauch\u00e9 irr\u00e9guli\u00e8rement \u00bb, <\/strong>ce qui t\u00e9moigne encore de son int\u00e9r\u00eat pour la d\u00e9fense des droits des travailleurs en g\u00e9n\u00e9ral et de ses concitoyens, en particulier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><strong>&nbsp;<\/strong><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MAURICE PERRON (1920-1991) Maurice Perron na\u00eet \u00e0 Paris, le 20 avril 1920, de Marie Alexandrine Vuillen et de Joseph Perron.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":7385,"menu_order":1,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"tags":[],"class_list":["post-7312","page","type-page","status-publish","hentry"],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-25 14:41:09","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"post_tag","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/7312","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7312"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/7312\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/7385"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7312"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/arvier.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7312"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}